el triangulo I MOUNTAINS SESSIONS VOL 1



Le 34 Pluton 3102. Quelque part sur les hauteurs de Fuente De. Le téléphérique, saboté. L'enseigne d'un vidéo-club abandonné, pendu au-dessus du vide, reste la seule trace de vie. Vous l'ignoriez. Le triangle le sait. Il a loué la dernière VHS. Une bande vierge.



el triángulo invente le Film Aveugle.
Celui qui fait oublier l'image. 
Qui la rend obsolète. 
La bande originale sans film.


Pink F., un obscur groupe amateur dont el triángulo nous rappelle la finesse du propos, avait tenté ce même type d'entreprise. Mais en cédant peu à peu aux facilités de la pellicule, P. Floyd tomba rapidement dans l'oubli. Devant l'incapacité de l'apprenti Moebius à mettre en image leurs sons divins, l'équipage isocèle recruta le plus fameux d'entre eux, Stofounov, le mercenaire lettré aux cheveux gras, 4ème côté du triangle.

Au commencement était le feu. La première feuille. La seconde. L'effritement. Le bord de la bande collante. Cette putain de mouche-drone qui tourne. Mais ça va, ça roule. Ca se tasse. Le métal froid du Zippo rechargé. Le Feu, donc (Nucleo).

Sergio's Psychedelic BreathTest. Les Répliquants en perçoivent maintenant les effluves. Ils convergent vers la Zone de Stress, happés par la pyramide-mausolée de l'Infernale Confrérie Eno/Vangelis/Wakeman/Schulze/Beaver&Krause/Banks/Emerson/Schmidt/Perrey&Kingsley/Blake/Preston/Riley/Ratledge.

Loin de la furie incontrôlée de ses dissemblables, le triangle tisse, imperturbable, la couverture feutrée du Rhodes. Une caresse douce, répétée, qui nous fait espérer, à tort, une issue (Lieutenant, we made it). Sur cette terre désolée, les griffes stephanoviques auscultent, raclent sans relâche les ressources que l'on croyait taries (Another place). Pas de trace de rimshot ni aucun souvenir de cocotte malgré la fouille des restes de vestiges jamaïcains édentés. Rejetant méthodiquement toute facilité, les exilés s'affranchissent du poids de l'histoire pour délivrer leur message universel, en évitant, comble de l'élégance, l'espéranto. Et abusant, à juste titre, de la virtuosité approximative du Biatch: le son, quelque soit la portée.

Là-haut, la pesanteur devient ambiguë. Les repères s'estompent pour laisser place, en transparence, à une planante déstructuration post-pop-gothique que les mots n'osent traduire (Ecos). Les choeurs d'angelots sévèrement pubères ne font qu'absorber nos doutes, certains de l'irréversible introspection des débris d'Ecos, plongés to the Centre of the Cosmos (Going under). Au plus près de la lave incandescente, là où tout est semence, le triangle répond à l'Inconnu, exprime l'impensable (Warm Heart). Zeben Strain de Geustaah, l'Immortel, survivra-t-il aux traumatiques frisures theusziennes, noyées dans les coulures irisées de la Les Paul d'ivoire ? 

Le signal se trouble quand la transe prend forme. Adoubant ses fidèles rejetons (la TNTortoise sur le canal de droite, NLF3 à gauche), le triangle accomplit la Prophétie, la révélation, menant à terme ses subterranean homesick fouilles en fossoyant la sépulture des murmures de NickDrake (Runias Romanas). Affolées, les larves traversent le cerveau de Montezuma (Astronauta Novolero). Go, Biatch ! Le triangle, affaibli par l'effort, confesse pour la première fois ses faiblesses (Turbulences), rappelant pourtant aux vils terriens les recettes du Psynematic rock dont lui seul connait les ingrédients.

Quand enfin, par la traversée élégiaque des cîmes interdites (Mountains), l'évidence du point d'orgue annonce l'impensable mission: signer l'Epitaph du 7ème art.


Ramon STEINER
basse, voix
Sergio DOMINGUEZ
batterie, voix
Stefanov BIATCH
guitare, voix
Gabriel LORA
claviers, voix

Roger "Nicephore" Dean
art work

1 commentaire:

  1. J'ai pas pour habitude de dénigrer, j'ai même plutôt tendance à caresser, mais je me dois de t'avertir que tu viens de franchir le mur du Bon Goût. Quel psychotrope non encore mis sur le marché t'as contraint à défendre ce festival d'in(é)tro(n)s au groove maladroit, exempt de toute transe ? Devant tant de caresses à l'endroit d'anonymes toxicomanes, je me permets de calmer tes ardeurs, funeste blogueur. Dénicheur de talents, ça s'apprend, brave lemok. Je te conseille de continuer à te concentrer sur des artistes déjà plébiscités, ça t'éviteras de sombrer dans le néant. Car la bande originale d'un film inexistant n'existe pas. Même Michel Legrand le sait. On appelle ça d'ailleurs une bande banale. Je comprends que le parti-pris d'improvisation totale t'ai rendu d'abord humide, mais tes amis devraient maintenant penser à monter leurs rushs. Vu le temps passer à peaufiner leur packaging National Geographic, ils auraient pu tenter un petit check de la mise en place, tout de même.

    Tu sembles découvrir la passion du vintage, alors que je milite depuis des années pour la mise en place d'un numerus clausus pour les brocanteurs. Tu penses vraiment que la sacralisation des Versaillais (AIR), la glorification des Australiens (Tame Impala) ou la starification des Paysans (n'importe quel folkeux poilu de 3 jours) est un mal nécessaire ? Car il serait de bon ton d'apprendre à grandir APRES Pompeï. A moins de souhaiter, comme les fossoyeurs de Syd, jouer exclusivement du paroxysme pour tomber prématurément dans le bégaiement. Chacun son trip. Tu sais pourtant que la taf puérile, que même Daevid n'a pas osé fioumer (vos bananes), rejeton bâtard du thé qu'Andy Latimer (Supertwister) n'a pas osé servir (ou uriner, je ne sais jamais) ou des portes que Richard Sinclair (Shaving is boring) n'oserait jamais claquer, copie honteusement le frühstück d'Alan Parson. Je peux comprendre que l'alimentation minutée d'un blog anonyme te contraint, par un besoin d'affection bien légitime, à te rapprocher de tes semblables, mais tu as aussi le droit de nous épargner tes heures d'écoute inutiles, sinon à quoi bon.

    Je passerai rapidement sur la misère harmonique des compos, sur l'absence de respiration, sur les transitions artificielles, sur cette description contemplative du néant du Film que tes amis visionnent. C'est le syndrome classique du nourrisson: pressé de faire mais peur d'y aller. Le plus dément reste ta défense totalement injustifiée du Biatch, qui tente de masquer le malaise à gros coups d'overdrive anabolisée alors même que tout le monde sait qu'il n'est pas soliste. C'est un Keith Riffeur, mec. Mi-troubadour, mi-wallon.
    Et si seulement tu pouvais arrêter ce ton ampoulé, aussi.

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